Review S&T AS-VAL Tracer edition.

 

Prix constaté à sa sortie : 210€ – Chargeurs : 11€. 


11 juin 2026.

 

A l’IWA 2026, j’ai pu visiter le stand S&T et découvrir la série « Tracer » des AS-VAL et VSS Vintorez. Ces deux réplique me paraissaient intéressantes et promettaient des tarifs inférieurs à ce que l’on peut habituellement trouver pour ces modèles.

Ainsi, lorsque les premiers modèles furent disponibles, je me suis procuré un AS-VAL (arrivé avant le Vintorez !) pour pouvoir le tester et vous le présenter. Merci beaucoup aux tipeurs du mois de mai qui ont contribué à rembourser cet achat et bravo à Clems45 qui a remporté le tirage au sort et recevra cet AS-VAL !

Sans plus attendre je vous propose de découvrir ce que cet AEG a dans le ventre.

 

Je vous invite avant tout à voir ou revoir la vidéo de présentation :

 

Il s’agit d’une réplique du fusil d’assaut russe AS-VAL.

 

 

La boite en carton est ornée du logo du Stade Toulou… euh, non du logo Smart Team Armament ! Un autocollant montrant la réplique y est collé.

 

Le contenu de la boite est bien protégé par une coque en mousse compacte.

On y trouve :

-La réplique. Majoritairement composée d’alliage de métaux et d’un peu de polymère, elle mesure entre 680 et 905 mm pour une masse de 2625 grammes.

-Un chargeur mid-cap pouvant théoriquement emporter 70 à 100 billes(BB)

-Un BB loader.

-Une tige de nettoyage.

-Un manuel.

 

 

 

Bon, de loin ça ressemble effectivement pas mal à un AS-VAL même sans trop plisser les yeux…

L’AEG semble robuste, les jeux sont minimes et il y a beaucoup de métal. Vous noterez que je n’ai pas écrit « acier » car le corps et la crosse sont en alliage moulé le canon en aluminium usiné par CNC et le capot en tôle.

 

Le seul marquage présent est le numéro de série gravé sous le pontet.

 

Contrairement au modèle réel et à la plupart des autres répliques d’AS-VAL, la palette du cran de sûreté fait également officie de sélecteur de tir SEMI/AUTO.

 

Le point qui fâche est la crosse utilisée par S&T et son système d’attache et de verrouillage, ainsi que l’absence de l’anneau attache sangle.

 

Ci-dessous, une crosse STO :

LCT :

Et NPO AEG :

 

S&T a mis une plaque de couche en caoutchouc. Confortable mais pas réaliste…

 

La crosse peut être repliée du côté droit du corps (le mauvais côté donc…) en poussant la crosse vers le bas pour la déverrouiller. Le ressort est très souple.

Ci-dessous, le modèle STO :

 

La poignée pistolet est en plastique. Elle est plutôt confortable bien qu’un peu épaisse.

 

Le pontet est moulé sur le corps, il laisse assez d’espace pour tirer avec des gants.

Le loquet de verrouillage de chargeur est situé juste devant le pontet.

 

Le capot est en tôle.

La fausse culasse est en alliage. Il faut la tirer en arrière pour accéder à la languette d’ajustement du hop-up.

 

Du côté gauche, un support pour optique soviétique (à l’origine, des optiques de visée de nuit) permet d’installer une lunette ou un support Picatinny.

Attention à ne pas trop serrer votre optique sous peine de casser le support.

 

Le petit garde-main est en plastique. Un emplacement pour fixer une sangle est également présent mais sans l’anneau arrière c’est un peu inutile…

 

Le canon en aluminium est de bonne facture. L’anodisation est jolie mais je ne pense pas qu’il s’agisse d’une anodisation dure.

Les organes de visée y sont fixés.

 

L’avant se dévisse pour accéder au traceur intégré.

 

Un ressort le maintient en tension. Ce traceur permet d’illuminer les billes réactives (vertes, le rouge réagit peu) et le mode flash ajoute un halo orange qui peut faire ressortir les billes blanches.

 

 

 

Les organes de visée mécaniques sont donc fixés sur le canon externe. Le guidon est muni d’un cran ajustable ne hauteur (outil non fourni).

 

La hausse est assez grossière, elle est marquée jusqu’à 1000 mètres.

 

Les deux ont du mal à s’aligner car ils sont un peu bas.

 

 

Il existe quelques variantes aux chargeurs (longs/courts/hi cap, mid cap). Ils sont peu chers et d’après les fiches techniques, ils peuvent emporter entre 70 et 100 billes.

Sur mes exemplaires, les ressorts étaient très durs et j’ai pu mettre une cinquantaine de billes.

L’ensemble est composé d’un interne qui peut sortir du corps en polymère renforcé.

 

 

 

Commençons par l’installation de la batterie.

Cette dernière se place dans le canon interne.

Il est maintenu sur son filetage via une petite vis sans tête (grub screw).

 

On dévisse le canon pour accéder à la prise. D’origine c’est une mini Tamiya. J’ai recâblé ma réplique en DEANS sur les images ci-dessous.

 

L’extrémité du canon interne est équipé d’une cale de centrage (barrel spacer) maintenue par deux vis.

 

Un plus gros plan sur ma prise. J’ai mis du DEANS pour éviter que la batterie se déconnecte lors du vissage/dévissage du canon.

 

Appuyons sur le bouton de déverrouillage du capot supérieur afin de l’ôter. Il est un peu assemblé en force, cela évite qu’il bouge trop.

 

On ôte la fausse culasse et son support.

 

Cela permet de mieux voir le bloc hop-up.

 

On peut déjà voir que le cylindre est ajouré.

 

Otons la poignée pistolet.

 

Au tour du sélecteur de tir. On dévisse la vis centrale puis on enlève l’axe entouré en jaune.

 

Puis on chasse la goupille ci-dessous.

 

Si le cœur vous en dit, vous pouvez déjà ôter les deux vis de maintient du bloc hop-up.

 

La bague de support de canon est maintenu en place par deux vis. Otons-les.

 

On peut faire coulisser la bague vers l’avant. elle est serrée.

 

Des guides latéraux permettront de la centrer lors de l’assemblage. Je vais devoir la modifier car ma prise DEANS large ne passe pas dans le trou…

 

une gorge est usinée à l’avant du canon interne, un joint torique y prend place.

 

Une fois la bague enlevée, on fait avancer le garde-main vers l’avant pour dévoiler deux vis située sous le corps.

 

On peut alors faire coulisser toute la partie avant, bloc hop-up compris.

 

Pour faire sortir la gearbox du corps de la réplique, il faut obligatoirement déposer la cage moteur car elle butte sur le corps.

 

Aucun marquage ne nous permet d’identifier les caractéristiques du moteur à axe court.

 

La gearbox peut enfin sortir ! Il s’agit d’une V3.

 

Lors de mes tests la réplique s’est subitement arrêtée de tirer. C’est en déposant la gearbox que j’ai vu pourquoi : une soudure peu qualitative a sauté !

 

Comme j’ai câblé ma prise avant d’avoir modifié la bague de maintien du canon externe, j’ai dû couper pour pouvoir ôter la bague…

 

Là, j’ai enfin pu retirer entièrement la partie avant de la réplique. Lors du remontage, j’ai élargi l’orifice de passage afin que la prise DEANS de mon ETU Perun puisse passer sans avoir à couper et souder à nouveau.

 

On peut maintenant retirer l’ensemble hop-up/canon interne.

 

C’est plutôt facile à démonter malgré quelques astuces à trouver !

 

Back to the future ! S&T utilise un design Marui old school pour son bloc hop-up. La languette coulisse plutôt librement, je n’ai pas spécialement remarqué de problèmes de mouvements lors de mes tests.

 

Le joint type AEG dispose d’un bourrelet classique. Il était un peu gras d’origine.

 

Le canon interne en laiton mesure 415 mm pour un diamètre intérieur de 6.025 mm sur mon exemplaire.

 

Concentrons-nous sur cette gearbox V3. Elle ne dispose pas de système de changement de ressort rapide ni d’électronique embarquée.

 

Pour la séparer en deux il faut préalablement ôter le carter en plastique qui protège le sector gear, la plaque de maintient des câbles et les pignons du sélecteur de tir.

On défait ensuite les vis des carters de gearbox.

 

ATTENTION : Avant de séparer la gearbox en deux, placez un outil dans le guide de ressort, ça évite que tout s’envole ! Ci-dessous, l’anti-retour et la queue de détente ont sauté de leurs emplacements.

Le bon point, c’est que les engrenages étaient presque bien calés ! Le sector gear se baladais de quasiment un millimètre.

 

Les engrenages sont montés sur des paliers (bushings) en acier. Ils ne sont pas très bien fixés à la gearbox. La lubrification n’est pas trop outrancière mais on voit bien les coups de pinceaux du travail à la chaine !

 

Otons la partie pneumatique. Sur mon exemplaire l’étanchéité était parfaite.

 

Le piston en polymère est équipé d’une crémaillère en acier comportant 14 dents plus la grosse dent d’engagement.

 

La tête de piston est en plastique. Elle est assez basique mais est ventilée. Un joint torique assure l’étanchéité avec le cylindre.

 

Le cylindre semble être en aluminium. Il a été percé afin de limiter le volume d’air disponible. Mauvaise idée avec un canon de 415mm… Si vous souhaitez tirer de la bille un peu lourde, n’hésitez pas à le remplacer par un modèle plein.

 

Surprise ! La tête de cylindre n’est pas une V3 ! On dirait une V7 mais n’en ayant pas en stock, je n’ai pas pu vérifier la compatibilité.

Elle est en plastique et le support de nozzle est en laiton.

 

Le tappet plate est également spécifique. L’accroche du nozzle est plus basse que sur une V3 ou une V7.

 

Le nozzle en plastique ne possède pas de joint intérieur. Il mesure 19.69mm de long.

 

Les engrenages 18:1 sont en acier fritté. Un retardateur (delayer) est installé sur le sector gear.

 

L’angle d’engagement (AoE) entre le sector gear et la dent d’engagement est plutôt bon. Le contact est franc et sa surface est suffisante. O peut ajouter une cale si on souhaite avoir encore un peu plus de surface de contact initiale.

Après un bon nettoyage et une lubrification adaptée, il va falloir assembler tout cela en maintenant l’anti-retour, la détente et en replaçant le ressort et son guide. Si vous êtes habitué aux systèmes de changement de ressort rapide, prenez votre temps, ça se fait bien ^^

 

Pour ma part, j’ai installé un Perun V3 Hybrid pour bénéficier de toutes les options et protections disponibles.

 

 

Il n’y a pas d’éclaté dans la boite.

 

 

-Chronoographe Acetech AC6000BT.

-Batterie LiPo 11.1V 1200mAh.

-Billes bio 0.20g; 0.36g et 0.40g Open Blaster ASG.

 

Avec 1.84 joules (445 FPS) de moyenne à la bille 0.20, la réplique tape fort mais reste dans la légalité française. Lorsqu’on passe en 0.40, l’énergie baisse à 1.42 joules (275 FPS), ce qui rend la réplique jouable en DMR presque partout, même si ce n’est pas son rôle.

La cadence de tir est assez impressionnante pour dire qu’on a un gros ressort. On peut tirer 19 billes par seconde ! La réactivité est conforme à ce dont un contacteur à chariot peut donner et le hop-up était plutôt efficace au début de mes tests même si j’ai préféré redescendre en 0.36 pour ne pas que mes billes plongent trop vite. Au fur-et-à-mesure, les trajectoires ont commencé à plonger plus et le hop-up à devenir moins efficace. Lors du démontage j’ai pu voir que le joint était très gras, il est possible que lors de l’assemblage d’usine une trop grande quantité de graisse ait été utilisée pour lubrifier le piston et que ce surplus soit passé au travers du nozzle.

 

Je vous laisse revoir tout cela en vidéo :

 

Après plusieurs semaines de tests et un démontage complet, cet S&T AS VAL Tracer Edition laisse une impression assez particulière…

D’un côté, il est difficile de ne pas apprécier l’effort réalisé par S&T pour proposer une plateforme aussi emblématique à un tarif relativement contenu. De l’autre, certains choix de conception rappellent rapidement que nous sommes face à une réplique pensée avant tout pour rester accessible plutôt que pour rivaliser directement avec les références haut de gamme du marché.

Visuellement, l’ensemble remplit correctement son contrat. La silhouette caractéristique de l’AS VAL est immédiatement reconnaissable et l’intégration du traceur dans le silencieux factice constitue un véritable atout pour ceux qui apprécient les parties en faible luminosité.

Cette fonctionnalité apporte une touche de modernité bienvenue à une plateforme dont la conception semble remonter au siècle dernier !

À cela s’ajoutent des performances tout à fait honorables tant que le joint hop-up n’est pas pollué, une bonne cadence de tir et une base mécanique suffisamment simple pour être comprise, entretenue et améliorée sans devoir décrocher un diplôme d’ingénierie soviétique.

Malheureusement, tout n’est pas aussi séduisant sous le capot. Entre une crosse qui s’éloigne sensiblement du modèle réel, des choix techniques parfois datés, l’absence de changement rapide du ressort et quelques composants spécifiques dont la disponibilité future reste une inconnue, le S&T montre rapidement quelques limites. On sent également que le contrôle qualité pourrait être un peu plus rigoureux, certains détails de finition et d’assemblage donnant parfois l’impression que la réplique a quitté l’usine avec un peu trop d’enthousiasme et pas tout à fait assez de vérifications.

Pour autant, ce serait une erreur de résumer cet AS VAL à ses défauts. Il constitue une base intéressante pour les joueurs qui souhaitent découvrir cette plateforme atypique sans investir immédiatement dans un modèle beaucoup plus onéreux.

Avec quelques améliorations ciblées et un peu de temps passé sur l’établi, il est parfaitement capable de devenir un compagnon de jeu efficace et original.

Au final, cet AS VAL Tracer Edition S&T n’est sans doute pas la réplique la plus fidèle ni la plus moderne du marché, mais elle remplit honnêtement sa mission.

Elle permet de profiter du charme unique de l’AS VAL, d’illuminer ses trajectoires grâce au traceur intégré et de disposer d’une plateforme évolutive pour un budget raisonnable. Et dans un univers où les AR15 règnent parfois sans partage, il y a quelque chose de rafraîchissant à pouvoir se payer cette réplique et une bonne quantité de chargeurs sans avoir à y passer son RSA !

J’espère en tout cas que cet article vous aidera à y voir plus clair et à déterminer s’il mérite de figurer dans votre collection. N’hésitez pas à partager vos retours d’expérience avec l’AS VAL S&T en bas de page ou sur la vidéo youtube !

Pour me suivre sur les réseaux, soutenir mon travail et bénéficier de réductions, un seul lien : ICI !

 

 

 

-Base pas trop chère si on n’est pas trop regardant.

-Gearbox V3 classique (sauf tête de cylindre et tappet plate)

-Intégration du traceur.

 

-Crosse non conforme.

-Pas de changement de ressort rapide.

-Corps en alliage moulé.

-Quid de la disponibilité de tappet plate de remplacement.

-Conception éculée.

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